Dimanche 08 février, dimanche de la santé
Frères et sœurs,
Les lectures de ce dimanche nous rejoignent au cœur même de notre humanité, là où se croisent la fragilité, la compassion et la lumière. En célébrant aujourd’hui la Journée mondiale des malades, l’Église nous invite non pas à regarder la maladie comme une fatalité ou une malédiction, mais comme un lieu où Dieu continue mystérieusement de se rendre présent, un lieu où la lumière peut encore jaillir.
Dans la première lecture, Isaïe nous rappelle que la lumière ne vient pas d’abord d’en haut, mais qu’elle surgit lorsque nous nous tournons vers l’autre : « Partage ton pain… ne te dérobe pas à ton semblable ». La lumière naît quand un visage se tourne vers un autre visage. Elle naît quand une main se tend, quand une présence se fait proche.
Et, n’est-ce pas précisément ce que vivent tant de personnes malades ou souffrantes ? Elles deviennent, souvent malgré elles, des lieux où la solidarité peut s’inventer, où la tendresse peut se dire, où la lumière peut se frayer un chemin. Non pas parce que la maladie serait bonne - elle ne l’est jamais - mais parce que l’amour, lui, trouve toujours un passage.
Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous confie qu’il n’est pas venu avec « le prestige du langage » mais dans la faiblesse. Il ose dire que c’est dans sa propre fragilité que la puissance de Dieu s’est manifestée. Voilà un renversement profond : ce n’est pas la force qui révèle Dieu, mais l’humilité. Ce n’est pas la performance qui parle de Lui, mais la vulnérabilité habitée.
Ainsi, la personne malade n’est jamais définie par sa maladie. Elle demeure un mystère de dignité, un lieu où Dieu peut se dire autrement, parfois plus doucement, parfois plus intensément.
Dans l’Évangile, Jésus nous appelle « sel de la terre » et « lumière du monde ». Il ne dit pas : « Vous serez lumière quand tout ira bien », ni « Vous serez sel quand vous serez forts ». Il dit : « Vous êtes ».
Être lumière, c’est laisser transpareître ce que Dieu dépose en nous, même au cœur de la nuit. Être sel, c’est donner saveur à la vie, même quand elle semble amère.
Et combien de personnes malades, de soignants, d’aidants, de proches, vivent cela chaque jour ! Par leur patience, leur courage discret, leur fidélité silencieuse, ils deviennent lumière sans le savoir. Ils deviennent sel par leur simple manière d’aimer.
Frères et sœurs, en cette Journée mondiale des malades, nous sommes invités à regarder autrement. À voir dans chaque personne souffrante non pas un problème à résoudre, mais une présence à accueillir. À reconnaître que la fragilité n’est pas un échec, mais un appel. À devenir, pour ceux qui peinent, une petite flamme qui réchauffe, un peu de sel qui relève la vie.
Que nos communautés paroissiales soient des lieux où personne ne se sente abandonné des lieux où la lumière circule de visage en visage. Des lieux où la faiblesse n’est jamais méprisée, mais honorée comme un espace où Dieu se fait proche.
Alors, selon la promesse d’Isaïe, « ta lumière jaillira comme l’aurore ».
Et cette lumière, ce sera la nôtre, mais surtout celle de Dieu, qui passe à travers nous.
Amen.
