Homélie du Père Gabriel, dimanche 15 février, Le Blanc
La fête de Pâques nous rejoint cette année encore comme une lumière qui ne s’éteint pas. Au cœur de nos vies parfois lourdes, inquiètes ou dispersées, l’Église proclame avec une audace que : « Le Christ est ressuscité ! » Cette annonce n’est pas un slogan spirituel. Elle est la source d’une joie qui ne dépend ni des circonstances, ni de nos performances, ni même de nos forces. Elle jaillit d’un événement : Dieu a vaincu la mort, et cette victoire ouvre un avenir que rien ne peut refermer.
La joie chrétienne est au cœur même de l’Évangile. Jésus ne dit-il pas à ses disciples : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite » (Jn 15,11) ? La joie n’est donc pas un supplément facultatif, mais la marque même de la vie chrétienne, le fruit de l’Esprit (Ga 5,22) et le signe que le Christ ressuscité habite nos vies.
La joie chrétienne n’est pas naïveté. Car, elle n’ignore ni les larmes ni les blessures. Jésus lui-même promet à ses disciples : « Votre tristesse se changera en joie » (Jn 16,20). Non pas une joie qui remplace la souffrance, mais une joie qui la traverse et la transfigure. Elle naît d’une rencontre, d’une présence, d’une certitude. Elle jaillit même au cœur des épreuves, comme chez saint Paul qui écrivait depuis sa prison : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur » (Ph 4,4). Elle est la joie de savoir que Dieu ne nous abandonne jamais, qu’il marche avec nous, qu’il nous relève et nous envoie.
Le pape François le rappelle avec force dans Evangelii Gaudium : « La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. » Cette joie n’est pas un luxe spirituel : elle est le signe que Dieu agit encore aujourd’hui.
L’histoire de l’Église est traversée par des hommes et des femmes dont la joie a été un témoignage plus fort que bien des discours. Pensons à sainte Thérèse de Lisieux, dont la confiance lumineuse continue d’ouvrir des chemins de paix intérieure. A saint François d’Assise, qui chantait la création comme un frère émerveillé. À Charles de Foucauld, dont la joie humble naissait de la certitude d’être aimé de Dieu. À Madeleine Delbrêl, qui affirmait que « la joie est la forme la plus simple de la gratitude ». Ou encore à Benoît XVI, qui rappelait que la foi chrétienne n’est jamais d’abord une idée, mais une rencontre qui donne « un nouvel horizon et une direction décisive » à la vie.
Ces témoins ne sont pas des héros inaccessibles. Ils sont des frères et sœurs qui ont laissé l’Évangile façonner leur regard. Leur secret est simple : accueillir la joie comme un don, et non comme un effort. La laisser grandir dans la prière, dans la charité concrète, dans la confiance patiente. La partager aussi, car la joie chrétienne n’est jamais un trésor à garder pour soi : elle est missionnaire par nature.
En ces festivités pascales, que nos communautés paroissiales soient des lieux où cette joie peut circuler librement : dans nos liturgies, nos rencontres, nos engagements, nos gestes les plus simples.
Que cette joie pascale nous précède, nous accompagne et nous relève. Que le Christ fasse de nous des témoins joyeux de son espérance.
Vous trouverez dans ce nouveau bulletin des regards croisés sur la Joie. Vous y trouverez également certains souvenirs du vécu récent de nos communautés inter paroissiale et aussi le planning pour les trois mois avenirs.
Joyeuses festivités pascales !
Père Gabriel MSC