Frères et sœurs,
En ce dimanche de la Miséricorde, les lectures nous plongent dans une profonde joie. Dans les Actes, on voit les premières communautés chrétiennes vivre comme une grande famille : elles prient, elles partagent, elles se soutiennent. Le psaume chante la fidélité de Dieu, Pierre nous rappelle que notre espérance est solide comme un roc, et l’Évangile nous montre Jésus qui traverse les portes fermées pour offrir la paix… et réveiller la foi de Thomas.
Au soir de Pâques, les disciples sont enfermés. La peur les tient, le doute les enferme. Et pourtant, le Ressuscité se tient au milieu d’eux. Il ne demande rien. Il donne tout. Il dit : « La paix soit avec vous ». C’est cela, la Miséricorde : la paix qui rejoint l’homme au plus profond de sa nuit. Dans la première communauté chrétienne, cette paix devient une source vive : une communauté qui partage, qui relève, qui guérit. La Miséricorde n’est pas une idée : c’est la vie nouvelle qui jaillit de Dieu.
Et Thomas… Thomas, c’est chacun de nous. Il veut voir, toucher, comprendre. Jésus ne le condamne pas. Il lui ouvre ses plaies. Les blessures du Christ deviennent la fontaine de notre confiance. Un proverbe dit : « L’eau qui trouve une brèche devient un chemin ». Ainsi est Dieu : Il trouve toujours un passage vers notre cœur.
Aujourd’hui, cette Miséricorde prend la forme d’un baptême. Dans quelques instants, la petite Ambre sera plongée dans l’eau qui purifie, qui libère, qui fait renaître. Ce que Jésus a fait pour les disciples, Il le fait pour elle : Il ouvre une porte, Il trace un chemin, Il inscrit sa lumière dans sa vie pour toujours.
Le baptême, c’est la Miséricorde qui devient chair, qui devient histoire, qui devient avenir.
Frères et sœurs, en cette fête de la Divine Miséricorde, laissons le Christ franchir nos portes closes. Qu’Il dépose en nous sa paix qui pardonne, sa paix qui relève, sa paix qui envoie. Et qu’Il accompagne la petite Ambre qui entre aujourd’hui dans la vie de Dieu, portée par l’eau, par l’Esprit, par l’amour sans mesure du Père.
Quel signe merveilleux ! Comme les premiers chrétiens, nous allons voir la vie nouvelle jaillir sous nos yeux. Le baptême, c’est Dieu qui dit à un tout-petit : « Tu es précieux pour moi, et tu le seras toujours. »
J’aime raconter cette petite anecdote : un jour, un enfant m’a demandé très sérieusement : « Est-ce que le baptême, ça fait pousser la joie ? » Et avant même que je réponde, il a ajouté : « Parce que si oui, j’en veux deux ! » Eh bien, il n’avait pas tort : le baptême ne se fait qu’une fois, mais la joie qu’il apporte, elle, peut grandir toute la vie.
Dans l’Évangile, Thomas doute… et Jésus ne le gronde pas. Il vient à lui, il se laisse toucher, il ouvre un chemin. Aujourd’hui, Jésus fait la même chose pour la petite Ambre, pour sa famille, et pour chacun de nous. Il traverse nos portes fermées, nos peurs, nos fatigues, et il nous dit : « La paix soit avec vous ! »
Alors accueillons cette paix, cette joie, cette vie nouvelle.
Et laissons-nous entraîner par l’enthousiasme de ce baptême : parce que quand un enfant entre dans la famille de Dieu, c’est toute l’Église qui rajeunit … même nous.
Christ est ressuscité, et aujourd’hui encore, il fait grandir la vie au milieu de nous Alléluia !!!
