Frères et sœurs,
Ce matin, tout commence par un vide : un tombeau ouvert, une pierre roulée, un corps absent… Mais ce vide n’est pas un manque : il est un passage.
Les lectures de ce jour nous le disent chacune à leur manière : Dieu ouvre ce que nous croyions fermé. Il ouvre les yeux de Pierre, il ouvre le cœur de Paul, il ouvre la bouche du psalmiste, et il ouvre pour Marie-Madeleine un chemin qu’elle n’attendait plus.
L’Évangile nous montre des disciples qui courent. Ils ne comprennent pas encore, mais quelque chose les attire. Ils pressentent que la mort n’a pas eu le dernier mot. Et Jean, en voyant les linges posés là, « vit et crut ». Il n’a pas vu Jésus, mais il a vu assez pour croire que Dieu avait fait l’impossible.
Un jour, un catéchumène racontait qu’il avait longtemps cherché Dieu dans des idées compliquées. Puis, lors de la Vigile pascale, en voyant l’eau couler sur son front, il a murmuré : « J’ai compris que Dieu ne m’expliquait pas la vie : il me la donnait. » Cette phrase dit quelque chose de Pâques : la Résurrection n’est pas une théorie, c’est une naissance.
C’est pour cela que l’Église nous fait renouveler nos promesses baptismales aujourd’hui. Parce que Pâques et le baptême sont inséparables. Le baptême, c’est notre tombeau vide. C’est le lieu où Dieu a roulé la pierre de nos peurs, de nos fautes, de nos fatalités. C’est le moment où nous avons été plongés dans la mort du Christ pour être relevés avec lui dans une vie nouvelle. Comme le dit un proverbe oriental : « Là où la lumière entre, l’ombre n’a plus de pouvoir. » Le baptême, c’est cette lumière qui entre en nous pour ne plus jamais s’éteindre.
Paul nous le rappelle : « Purifiez-vous du vieux levain… devenez une pâte nouvelle. » Autrement dit : laissez la Résurrection travailler notre vie de l’intérieur. Laissez Dieu ouvrir ce que nous pensions fermé : une relation blessée, une habitude qui nous enferme, une tristesse qui nous retient.
Frères et sœurs, Pâques n’est pas seulement l’histoire de Jésus : c’est l’histoire de Dieu en nous. Si le Christ est vivant, alors rien n’est définitivement perdu. Si le tombeau est vide, alors nos vies peuvent être pleines. Si la pierre a été roulée, alors aucune pierre n’est trop lourde pour Dieu.
Entrons dans cette joie pascale comme on entre dans une lumière neuve. Et que chacun de nous, baptisé dans sa mort et sa résurrection, devienne un témoin humble et audacieux de cette vie qui ne finit pas.
